👑 Régularité du dividende

Les aristocrates du dividende : 33 actions qui augmentent leur dividende depuis 25 ans

Vingt-cinq années de hausses consécutives ne se décrètent pas : il faut avoir traversé 2001, 2008, 2020 et le choc inflationniste sans jamais rompre la promesse faite aux actionnaires. Voici les valeurs du panel qui y parviennent, le détail des critères, et ce que ce label ne garantit pas.

Effectifs et rendements par catégorie

Rois du dividende
13

50 ans et plus de hausses, rendement moyen 3,18 %

Aristocrates
33

25 ans et plus, rois compris, rendement moyen 3,34 %

Challengers
35

10 à 24 ans de hausses, rendement moyen 2,59 %

Série la plus longue
68 ans

Emerson Electric (EMR)

Aristocrates hors Amérique du Nord
7

soit 21 % des aristocrates du panel

Part du panel
19 %

33 valeurs sur 176 atteignent 25 ans

Effectifs calculés sur le panel relevé le 30 juin 2026. Les catégories sont emboîtées : les rois sont comptés parmi les aristocrates.

Trois seuils, une seule mesure

Rois, aristocrates, challengers : comment la hiérarchie fonctionne

Le classement repose sur un unique chiffre : le nombre d'années consécutives pendant lesquelles le dividende par action a été augmenté. Pas maintenu, augmenté. Un dividende gelé une seule année remet le compteur à zéro, et il faudra vingt-cinq ans pour reconstruire ce qui a été perdu en un exercice.

Roi du dividende

50 ans et plus

Un demi-siècle de hausses ininterrompues. Le titre n'est pas un indice officiel mais une convention de place, sans critère de taille ni d'appartenance à un indice. Il désigne des entreprises dont le modèle économique a survécu à plusieurs révolutions technologiques.

13 valeurs dans le panel, rendement moyen 3,18 %

Aristocrate

25 ans et plus

Le seuil de référence, popularisé par l'indice S&P 500 Dividend Aristocrats. Vingt-cinq exercices consécutifs de hausse, auxquels l'indice américain ajoute l'appartenance au S&P 500 et des seuils de capitalisation flottante et de liquidité.

33 valeurs dans le panel, rendement moyen 3,34 %

Challenger

10 à 24 ans

L'antichambre. Dix années consécutives suffisent à prouver qu'une politique de distribution existe et qu'elle a résisté à au moins un ralentissement. C'est aussi le seuil retenu par S&P pour ses indices européens, faute de candidats à vingt-cinq ans.

35 valeurs dans le panel, rendement moyen 2,59 %

🏆 Le sommet

Les 13 rois du dividende : 50 ans de hausses ou plus

Classement par série décroissante. À ce niveau d'ancienneté, le rendement d'entrée est rarement spectaculaire : le marché a eu cinquante ans pour intégrer la fiabilité de la distribution dans le cours.

Rois du dividende : 13 valeurs affichant au moins 50 années consécutives de hausse, classées par série décroissante, relevé du 30 juin 2026.
Valeur Rendement Dividende / action Fréquence Série Distribution Capitalisation Secteur Pays
EMR Emerson Electric 1,67 % 2,14 $US Trimestriel 68 ans Roi 38 % 72,0 Md $ Industrie États-Unis
JNJ Johnson & Johnson 3,01 % 5,20 $US Trimestriel 63 ans Roi 58 % 415,0 Md $ Santé et pharmacie États-Unis
KO Coca-Cola 2,86 % 2,04 $US Trimestriel 63 ans Roi 68 % 307,0 Md $ Boissons États-Unis
LOW Lowe's 1,95 % 4,84 $US Trimestriel 62 ans Roi 38 % 139,0 Md $ Grande distribution États-Unis
ITW Illinois Tool Works 2,41 % 6,24 $US Trimestriel 61 ans Roi 56 % 76,0 Md $ Industrie États-Unis
HRL Hormel Foods 3,72 % 1,16 $US Trimestriel 59 ans Roi 79 % 17,1 Md $ Alimentation États-Unis
MO Altria 7,06 % 4,16 $US Trimestriel 55 ans Roi 78 % 99,0 Md $ Tabac États-Unis
TGT Target 4,40 % 4,52 $US Trimestriel 54 ans Roi 58 % 47,0 Md $ Grande distribution États-Unis
PPG PPG Industries 2,36 % 2,80 $US Trimestriel 54 ans Roi 42 % 27,0 Md $ Chimie et matériaux États-Unis
PEP PepsiCo 3,84 % 5,69 $US Trimestriel 53 ans Roi 76 % 203,0 Md $ Boissons États-Unis
ABBV AbbVie 3,31 % 6,56 $US Trimestriel 53 ans Roi 62 % 350,0 Md $ Santé et pharmacie États-Unis
WMT Walmart 0,95 % 0,94 $US Trimestriel 52 ans Roi 36 % 792,0 Md $ Grande distribution États-Unis
FTS Fortis 3,80 % 2,46 $CA Trimestriel 51 ans Roi 72 % 32,5 Md C$ Services aux collectivités Canada

👑 Le cœur de la page

Les 33 aristocrates du dividende : 25 ans de hausses ou plus

Les rois figurent dans ce tableau : par construction, une série de cinquante ans en contient une de vingt-cinq. Le badge de la colonne « Série » distingue les deux statuts.

Aristocrates du dividende : 33 valeurs affichant au moins 25 années consécutives de hausse, rois compris, relevé du 30 juin 2026.
Valeur Rendement Dividende / action Fréquence Série Distribution Capitalisation Secteur Pays
EMR Emerson Electric 1,67 % 2,14 $US Trimestriel 68 ans Roi 38 % 72,0 Md $ Industrie États-Unis
JNJ Johnson & Johnson 3,01 % 5,20 $US Trimestriel 63 ans Roi 58 % 415,0 Md $ Santé et pharmacie États-Unis
KO Coca-Cola 2,86 % 2,04 $US Trimestriel 63 ans Roi 68 % 307,0 Md $ Boissons États-Unis
LOW Lowe's 1,95 % 4,84 $US Trimestriel 62 ans Roi 38 % 139,0 Md $ Grande distribution États-Unis
ITW Illinois Tool Works 2,41 % 6,24 $US Trimestriel 61 ans Roi 56 % 76,0 Md $ Industrie États-Unis
HRL Hormel Foods 3,72 % 1,16 $US Trimestriel 59 ans Roi 79 % 17,1 Md $ Alimentation États-Unis
MO Altria 7,06 % 4,16 $US Trimestriel 55 ans Roi 78 % 99,0 Md $ Tabac États-Unis
TGT Target 4,40 % 4,52 $US Trimestriel 54 ans Roi 58 % 47,0 Md $ Grande distribution États-Unis
PPG PPG Industries 2,36 % 2,80 $US Trimestriel 54 ans Roi 42 % 27,0 Md $ Chimie et matériaux États-Unis
PEP PepsiCo 3,84 % 5,69 $US Trimestriel 53 ans Roi 76 % 203,0 Md $ Boissons États-Unis
ABBV AbbVie 3,31 % 6,56 $US Trimestriel 53 ans Roi 62 % 350,0 Md $ Santé et pharmacie États-Unis
WMT Walmart 0,95 % 0,94 $US Trimestriel 52 ans Roi 36 % 792,0 Md $ Grande distribution États-Unis
FTS Fortis 3,80 % 2,46 $CA Trimestriel 51 ans Roi 72 % 32,5 Md C$ Services aux collectivités Canada
MCD McDonald's 2,34 % 7,08 $US Trimestriel 49 ans Aristocrate 60 % 216,0 Md $ Restauration États-Unis
SHW Sherwin-Williams 0,88 % 3,16 $US Trimestriel 47 ans Aristocrate 24 % 89,0 Md $ Chimie et matériaux États-Unis
APD Air Products 2,40 % 7,16 $US Trimestriel 43 ans Aristocrate 68 % 66,0 Md $ Chimie et matériaux États-Unis
AFL Aflac 2,13 % 2,32 $US Trimestriel 43 ans Aristocrate 27 % 58,0 Md $ Assurance États-Unis
XOM ExxonMobil 3,47 % 4,12 $US Trimestriel 42 ans Aristocrate 52 % 505,0 Md $ Énergie États-Unis
CVX Chevron 4,37 % 6,84 $US Trimestriel 38 ans Aristocrate 58 % 290,0 Md $ Énergie États-Unis
ROG Roche 3,61 % 9,70 CHF Annuel 37 ans Aristocrate 62 % 232,0 Md CHF Santé et pharmacie Suisse
AI Air Liquide 1,85 % 3,30 € Annuel 32 ans Aristocrate 47 % 104,0 Md € Chimie et matériaux France
CAT Caterpillar 1,52 % 6,04 $US Trimestriel 31 ans Aristocrate 28 % 190,0 Md $ Industrie États-Unis
ENB Enbridge 6,04 % 3,77 $CA Trimestriel 30 ans Aristocrate 105 % 136,0 Md C$ Énergie Canada
O Realty Income 5,64 % 3,23 $US Mensuel 30 ans Aristocrate 75 % 51,0 Md $ REITs et foncières États-Unis
SAN Sanofi 4,25 % 3,92 € Annuel 30 ans Aristocrate 55 % 115,0 Md € Santé et pharmacie France
NEE NextEra Energy 3,04 % 2,27 $US Trimestriel 30 ans Aristocrate 62 % 153,0 Md $ Services aux collectivités États-Unis
IBM IBM 2,50 % 6,72 $US Trimestriel 30 ans Aristocrate 72 % 249,0 Md $ Technologie États-Unis
NESN Nestlé 3,70 % 3,05 CHF Annuel 29 ans Aristocrate 68 % 214,0 Md CHF Alimentation Suisse
CNR Canadian National 2,42 % 3,60 $CA Trimestriel 29 ans Aristocrate 42 % 92,0 Md C$ Transport et logistique Canada
NOVN Novartis 3,51 % 3,60 CHF Annuel 28 ans Aristocrate 52 % 198,0 Md CHF Santé et pharmacie Suisse
SJM J.M. Smucker 3,84 % 4,32 $US Trimestriel 27 ans Aristocrate 64 % 12,0 Md $ Alimentation États-Unis
BATS British American Tobacco 7,41 % 2,40 £GB Trimestriel 26 ans Aristocrate 65 % 71,0 Md £ Tabac Royaume-Uni
DGE Diageo 3,81 % 0,82 £GB Semestriel 26 ans Aristocrate 58 % 47,5 Md £ Boissons Royaume-Uni

📈 La relève

Les 35 challengers : de 10 à 24 ans de hausses

C'est ici que se trouvent les futurs aristocrates, et les séries qui s'interrompront avant d'y parvenir. Le taux de distribution est, à ce stade, l'indicateur le plus utile pour départager les deux.

Challengers : 35 valeurs affichant de 10 à 24 années consécutives de hausse, classées par série décroissante, relevé du 30 juin 2026.
Valeur Rendement Dividende / action Fréquence Série Distribution Capitalisation Secteur Pays
SO Southern Company 3,21 % 2,96 $US Trimestriel 24 ans Challenger 66 % 101,0 Md $ Services aux collectivités États-Unis
NKE Nike 2,34 % 1,60 $US Trimestriel 23 ans Challenger 68 % 101,0 Md $ Mode et habillement États-Unis
QCOM Qualcomm 2,12 % 3,56 $US Trimestriel 22 ans Challenger 34 % 183,0 Md $ Technologie États-Unis
TXN Texas Instruments 2,82 % 5,60 $US Trimestriel 21 ans Challenger 88 % 181,0 Md $ Technologie États-Unis
MSFT Microsoft 0,69 % 3,32 $US Trimestriel 21 ans Challenger 25 % 3,55 Bn $ Technologie États-Unis
BA BAE Systems 1,89 % 0,34 £GB Semestriel 20 ans Challenger 38 % 53,0 Md £ Industrie Royaume-Uni
TRV Travelers 1,64 % 4,36 $US Trimestriel 20 ans Challenger 24 % 60,0 Md $ Assurance États-Unis
VZ Verizon 6,28 % 2,75 $US Trimestriel 19 ans Challenger 58 % 184,0 Md $ Télécoms États-Unis
DUK Duke Energy 3,60 % 4,26 $US Trimestriel 19 ans Challenger 68 % 92,0 Md $ Services aux collectivités États-Unis
BMY Bristol Myers Squibb 4,74 % 2,48 $US Trimestriel 18 ans Challenger 61 % 106,0 Md $ Santé et pharmacie États-Unis
UNP Union Pacific 2,25 % 5,36 $US Trimestriel 18 ans Challenger 48 % 142,0 Md $ Transport et logistique États-Unis
LR Legrand 2,15 % 2,20 € Annuel 18 ans Challenger 50 % 27,0 Md € Industrie France
WKL Wolters Kluwer 1,50 % 2,14 € Semestriel 18 ans Challenger 38 % 33,5 Md € Technologie Pays-Bas
PM Philip Morris 3,79 % 5,40 $US Trimestriel 17 ans Challenger 74 % 221,0 Md $ Tabac États-Unis
UPS UPS 6,41 % 6,56 $US Trimestriel 16 ans Challenger 92 % 87,0 Md $ Transport et logistique États-Unis
AEP American Electric Power 3,48 % 3,72 $US Trimestriel 16 ans Challenger 64 % 57,0 Md $ Services aux collectivités États-Unis
MRK Merck 3,35 % 3,24 $US Trimestriel 15 ans Challenger 48 % 245,0 Md $ Santé et pharmacie États-Unis
ULVR Unilever 3,19 % 1,53 £GB Trimestriel 15 ans Challenger 63 % 118,0 Md £ Alimentation Royaume-Uni
CSCO Cisco 2,40 % 1,64 $US Trimestriel 15 ans Challenger 51 % 271,0 Md $ Technologie États-Unis
HD Home Depot 2,31 % 9,20 $US Trimestriel 15 ans Challenger 62 % 396,0 Md $ Grande distribution États-Unis
BLK BlackRock 2,12 % 20,84 $US Trimestriel 15 ans Challenger 52 % 152,0 Md $ Banques et finance États-Unis
REL RELX 1,65 % 0,63 £GB Semestriel 15 ans Challenger 48 % 71,0 Md £ Technologie Royaume-Uni
ATD Couche-Tard 1,35 % 0,98 $CA Trimestriel 15 ans Challenger 18 % 68,0 Md C$ Grande distribution Canada
UCB UCB 0,67 % 1,32 € Annuel 15 ans Challenger 24 % 38,5 Md € Santé et pharmacie Belgique
USB U.S. Bancorp 4,32 % 2,04 $US Trimestriel 14 ans Challenger 46 % 73,5 Md $ Banques et finance États-Unis
AMGN Amgen 3,29 % 9,52 $US Trimestriel 14 ans Challenger 55 % 156,0 Md $ Santé et pharmacie États-Unis
HON Honeywell 2,10 % 4,52 $US Trimestriel 14 ans Challenger 46 % 138,0 Md $ Industrie États-Unis
SU Schneider Electric 1,63 % 3,90 € Annuel 14 ans Challenger 48 % 135,0 Md € Industrie France
AVGO Broadcom 1,09 % 2,36 $US Trimestriel 14 ans Challenger 42 % 1,01 Bn $ Technologie États-Unis
DSY Dassault Systèmes 0,72 % 0,25 € Annuel 14 ans Challenger 24 % 45,5 Md € Technologie France
AAPL Apple 0,43 % 1,04 $US Trimestriel 13 ans Challenger 15 % 3,62 Bn $ Technologie États-Unis
AD Ahold Delhaize 3,22 % 1,12 € Annuel 12 ans Challenger 42 % 32,0 Md € Grande distribution Pays-Bas
MDLZ Mondelez 2,96 % 1,98 $US Trimestriel 12 ans Challenger 52 % 87,0 Md $ Alimentation États-Unis
MET MetLife 2,70 % 2,28 $US Trimestriel 12 ans Challenger 38 % 57,0 Md $ Assurance États-Unis
BAC Bank of America 2,33 % 1,04 $US Trimestriel 11 ans Challenger 31 % 340,0 Md $ Banques et finance États-Unis

Qui décerne le label, et selon quels critères

L'expression « aristocrate du dividende » n'appartient à personne, mais l'indice qui lui a donné sa notoriété a un propriétaire précis : S&P Dow Jones Indices, qui publie depuis 2005 le S&P 500 Dividend Aristocrats. Trois conditions cumulatives y ouvrent l'accès : appartenir au S&P 500, ce qui exclut d'emblée toute valeur non américaine et toute capitalisation modeste ; avoir augmenté son dividende par action chaque année pendant au moins vingt-cinq exercices consécutifs ; satisfaire enfin des seuils de capitalisation flottante et de liquidité quotidienne, revus périodiquement par le comité d'indice.

L'indice est équipondéré, rééquilibré chaque trimestre et reconstitué une fois par an. Une clause de sauvegarde abaisse le seuil d'ancienneté lorsque les sociétés éligibles sont trop peu nombreuses pour maintenir un effectif minimal. La liste n'est donc pas une photographie neutre du marché : c'est un indice géré, avec ses règles de continuité.

Le titre de roi du dividende, lui, n'est pas un indice mais une convention de place : cinquante années consécutives de hausse, sans critère de taille. Le challenger, à partir de dix ans, relève de la même logique. C'est aussi le seuil que S&P retient pour ses indices européens. Cette différence de barème entre les deux continents n'est pas un détail technique : c'est un aveu.

Ce que le label prouve, et ce qu'il ne prouve pas

Une série de vingt-cinq hausses ininterrompues est un fait vérifiable, et il dit quelque chose de solide : avoir traversé l'éclatement de la bulle internet, 2008, la crise des dettes souveraines, la pandémie et le choc inflationniste sans rompre l'engagement pris. Cela suppose une trésorerie récurrente, un endettement tenu et surtout une direction qui traite le dividende comme une obligation plutôt que comme une variable d'ajustement. C'est une discipline de gestion, et elle se lit dans les comptes.

Le label ne dit rien, en revanche, de trois choses. Rien de la performance future : l'indice a connu des périodes de surperformance et des périodes de net retard face au S&P 500, en particulier lorsque le marché est porté par la croissance. Rien de la valorisation : un aristocrate irréprochable peut se payer trente fois ses bénéfices, ce qui écrase le rendement d'entrée. Rien, enfin, de l'absence de coupe à venir.

Ce dernier point est presque toujours passé sous silence. Le mécanisme est sans indulgence : une société qui gèle ou réduit son dividende est retirée à la révision suivante, après coup. La liste ne conserve que les survivants, et l'historique de performance affiché est reconstruit à partir d'eux, un biais rarement signalé. AT&T, présente pendant des décennies, a été exclue en 2022 après avoir réduit son dividende à la suite de la scission de son pôle média. Walgreens Boots Alliance a coupé le sien début 2024, au terme de quarante-sept années de hausses. Dans les deux cas, le statut n'a alerté personne : il a disparu une fois le mal fait.

Pourquoi l'Europe en compte structurellement beaucoup moins

La rareté des aristocrates européens n'est pas un artefact de mesure. Trois causes distinctes se cumulent.

La première est culturelle. La pratique dominante en Europe continentale consiste à fixer un taux de distribution (la moitié du résultat net, par exemple) puis à en déduire le dividende. Quand le résultat baisse, le dividende baisse avec lui, sans que personne n'y voie un manquement. Le modèle anglo-saxon procède à l'inverse : le dividende par action est l'engagement, et c'est le taux de distribution qui absorbe les variations du résultat.

La deuxième est conjoncturelle, et massive : 2020. La crise sanitaire a provoqué en Europe une vague de suspensions et de coupes sans équivalent récent, aéronautique, hôtellerie, distribution spécialisée, automobile, énergie. Des séries construites sur deux décennies se sont interrompues en quelques semaines, et une série interrompue repart de zéro : une entreprise ayant coupé en 2020 ne redeviendra pas aristocrate avant le milieu des années 2040.

La troisième est réglementaire. En mars 2020, la Banque centrale européenne a recommandé aux banques de la zone euro de suspendre dividendes et rachats d'actions, recommandation reconduite jusqu'en septembre 2021. Les banques n'ont pas coupé par choix de gestion : elles en ont reçu l'instruction de leur superviseur, et le secteur assurantiel a subi une pression comparable. Un pan entier de la cote européenne a vu sa série remise à zéro par décision administrative, un risque sans équivalent américain. C'est pour cela que S&P retient dix ans, et non vingt-cinq, pour ses indices européens.

Les limites du critère comme filtre d'investissement

Utilisé seul, le critère de régularité sélectionne mal. Il est rétrospectif : il classe sur un passé long et ne dit rien du cycle en cours. Il pénalise les rachats d'actions, autre manière de restituer du capital, parfois plus efficace fiscalement. Il concentre le portefeuille sur la consommation de base, l'industrie et la santé. Il encourage enfin des hausses symboliques : relever le dividende d'un centime pour préserver la série relève de l'affichage, et signale souvent une entreprise à court de marge de manœuvre.

La lecture utile croise la série avec deux autres colonnes des tableaux ci-dessus. Le taux de distribution mesure la marge de manœuvre restante : au-delà de 90 %, le moindre trou d'air met la série en danger. Le rendement indique ce que le marché est prêt à payer pour cette régularité : anormalement élevé, il signale une défiance que la série ne suffira pas à contredire. Les pièges des hauts rendements détaillent ce mécanisme, et le guide consacré aux aristocrates reprend l'historique du label.

Où continuer

Pour comparer ces valeurs au reste de la cote, le screener complet réunit les 176 valeurs suivies dans un seul tableau trié par rendement. L'entrée par thème passe par les pages sectorielles, qui expliquent ce qui soutient ou menace la distribution dans chaque industrie, et par les pages pays, qui traitent la même matière sous l'angle fiscal. Les deux marchés les plus concernés par cette page sont les actions américaines, où le label est né et où les séries longues sont les plus nombreuses, et les actions françaises, où la culture du dividende variable explique la rareté des séries de vingt-cinq ans.

Pour savoir quand tombe le prochain versement de ces valeurs, le calendrier des dividendes liste les détachements et les paiements à venir, mois par mois. Côté méthode, trois guides prolongent directement cette page : l' explication du label et de son histoire, l'analyse du taux de distribution, qui est le meilleur indicateur avancé d'une coupe, et l'inventaire des pièges des hauts rendements, qui montre comment une série longue et un rendement flatteur peuvent coexister juste avant une rupture.

Effectifs, rendements et séries calculés sur le panel relevé le 30 juin 2026.

Avertissement. Les informations publiées sur Dividending sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent ni un conseil en investissement, ni une recommandation d'achat ou de vente, ni une sollicitation. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir en bourse comporte un risque de perte en capital. Vérifiez toujours les données auprès de sources officielles avant toute décision.

Questions fréquentes sur les aristocrates du dividende

Qu'est-ce qu'un aristocrate du dividende, exactement ?

C'est une société qui a augmenté son dividende par action chaque année pendant au moins vingt-cinq exercices consécutifs. L'expression vient de l'indice S&P 500 Dividend Aristocrats, publié par S&P Dow Jones Indices depuis 2005, qui ajoute deux conditions : appartenir au S&P 500 et respecter des seuils de capitalisation flottante et de liquidité. Hors de cet indice, le terme est employé au sens large pour désigner le seul critère des vingt-cinq années.

Quelle différence entre un roi, un aristocrate et un challenger ?

Le seuil de la série de hausses, et rien d'autre. Roi du dividende à partir de cinquante années consécutives, aristocrate à partir de vingt-cinq, challenger à partir de dix. Les trois catégories sont emboîtées : un roi est aussi un aristocrate. Sur le panel suivi ici, on compte 13 rois, 33 aristocrates et 35 challengers.

Un aristocrate peut-il couper son dividende ?

Oui, et cela arrive. Le statut est retiré à la révision suivante de l'indice, sans préavis utile pour l'actionnaire. AT&T a quitté la liste en 2022 après avoir réduit son dividende à la suite de la scission de son pôle média ; Walgreens Boots Alliance a coupé le sien début 2024, après quarante-sept années de hausses ininterrompues. Le label décrit un passé, il ne protège pas un avenir.

Pourquoi y a-t-il si peu d'aristocrates européens ?

Pour trois raisons cumulatives. La culture de distribution européenne fixe un taux de distribution plutôt qu'un dividende par action croissant, ce qui rend la série mécaniquement fragile. La crise sanitaire de 2020 a provoqué une vague de coupes et de suspensions qui a remis à zéro des séries longues. Enfin, la Banque centrale européenne a recommandé aux banques de suspendre leurs distributions de mars 2020 à septembre 2021 : un secteur entier a perdu sa série sur décision du superviseur.

Faut-il acheter uniquement des aristocrates du dividende ?

Le critère est un filtre de qualité, pas une stratégie à lui seul. Il est rétrospectif, il pénalise les sociétés qui préfèrent les rachats d'actions, il concentre le portefeuille sur la consommation de base, l'industrie et la santé, et il valorise parfois des hausses symboliques d'un centime destinées à préserver la série. À croiser systématiquement avec le taux de distribution et le rendement.