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Comparateur PEA et compte-titres
Mesurez en euros l'écart de valeur nette entre un PEA et un compte-titres ordinaire selon votre horizon, votre tranche marginale et votre effort d'épargne. Plafond de 150 000 € intégré.
Le PEA prend l'avantage dès l'année 1
Sur 20 ans, avec une tranche marginale à 30 %, le PEA laisse 41 769 € de plus que le compte-titres pour un effort d'épargne identique de 111 000 €. Le passage des cinq ans d'ancienneté est le moment charnière : au-delà, seuls 17,2 % de prélèvements sociaux frappent le gain, contre 30 % avant.
Écart de valeur nette, année par année
Le tableau comparatif
Valeurs nettes après imposition de la plus-value latente, comme si vous liquidiez la totalité du portefeuille à la fin de l'année considérée.
| Année | Total versé | Net PEA | Net compte-titres | Écart |
|---|---|---|---|---|
| Année 1 | 19 800 € | 20 863 € | 20 858 € | +5 € |
| Année 2 | 24 600 € | 27 109 € | 27 085 € | +24 € |
| Année 3 | 29 400 € | 33 771 € | 33 709 € | +62 € |
| Année 4 | 34 200 € | 40 885 € | 40 759 € | +126 € |
| Année 5 | 39 000 € | 50 224 € | 48 268 € | +1 956 € |
| Année 6 | 43 800 € | 58 972 € | 56 271 € | +2 701 € |
| Année 7 | 48 600 € | 68 405 € | 64 805 € | +3 600 € |
| Année 8 | 53 400 € | 78 583 € | 73 909 € | +4 674 € |
| Année 9 | 58 200 € | 89 570 € | 83 628 € | +5 942 € |
| Année 10 | 63 000 € | 101 436 € | 94 006 € | +7 430 € |
| ··· | ||||
| Année 16 | 91 800 € | 195 845 € | 173 209 € | +22 636 € |
| Année 17 | 96 600 € | 216 405 € | 189 834 € | +26 570 € |
| Année 18 | 101 400 € | 238 672 € | 207 641 € | +31 030 € |
| Année 19 | 106 200 € | 262 794 € | 226 718 € | +36 075 € |
| Année 20 | 111 000 € | 288 931 € | 247 162 € | +41 769 € |
Rappel : le PEA est plafonné à 150 000 € de versements et réservé aux actions de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen.
Ce que compare exactement ce simulateur
Les deux enveloppes sont alimentées au même rythme, investies sur le même actif, avec le même rendement, la même croissance et la même durée. La seule variable est la fiscalité. C'est indispensable pour isoler l'effet d'enveloppe : toute comparaison qui ferait varier autre chose en même temps serait inexploitable.
Dans le PEA, les dividendes sont réinvestis bruts, sans le moindre prélèvement, tant qu'aucun retrait n'est effectué. L'imposition n'intervient qu'à la sortie, sur le gain global : 17,2 % de prélèvements sociaux après cinq ans d'ancienneté, 30 % avant. Sur le compte-titres, chaque dividende est imposé l'année où il est perçu, ce qui réduit d'autant la somme réinvestie, et la plus-value latente est taxée au moment de la vente. Le simulateur retient chaque année l'option la plus favorable entre le prélèvement forfaitaire unique et le barème progressif, effet de la CSG déductible compris. C'est l'hypothèse la plus généreuse possible pour le compte-titres.
Pourquoi l'écart se creuse avec le temps
L'avantage du PEA ne tient pas seulement au taux d'imposition final, plus faible de près de treize points. Il tient surtout au report d'imposition : l'impôt non payé chaque année reste investi et produit lui-même du rendement. Ce mécanisme, invisible la première année, devient déterminant au-delà de quinze ans. C'est la raison pour laquelle l'histogramme des écarts ne monte pas en ligne droite mais s'incurve vers le haut.
L'année de bascule dépend surtout de votre tranche marginale. À 30 % ou plus, le PEA prend l'avantage immédiatement, puisque les dividendes du compte-titres subissent 30 % dès la première année. À 0 % en revanche, le compte-titres au barème ne supporte que 17,2 % sur les dividendes comme sur les plus-values, exactement comme un PEA mature : tant que le plan n'a pas cinq ans, son gain est taxé à 30 % et le compte-titres peut rester devant.
Les deux contraintes du PEA
Le plafond de 150 000 € porte sur les versements, jamais sur la valeur du plan. Un PEA alimenté à hauteur du plafond peut valoir 500 000 € sans que cela pose la moindre difficulté. Une fois le plafond atteint, les versements supplémentaires doivent aller ailleurs : c'est exactement ce que fait ce simulateur, qui bascule automatiquement l'excédent sur un compte-titres et l'impose comme tel. Un PEA-PME permet de verser 75 000 € de plus, dans la limite globale de 225 000 € pour les deux plans.
La restriction géographique est plus contraignante encore pour un investisseur en dividendes. Seuls les titres de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen sont éligibles. Exit les aristocrates du dividende américains, les valeurs suisses et, depuis le Brexit, les britanniques. Deux contournements existent : les ETF à réplication synthétique éligibles au PEA, qui donnent accès aux indices mondiaux, et la détention d'un compte-titres en parallèle pour la poche internationale.
Comment décider, en pratique
La conclusion la plus solide n'est pas « PEA ou compte-titres » mais PEA d'abord, compte-titres ensuite. Remplissez le plan en priorité avec les valeurs européennes de rendement, qui constituent l'essentiel d'un portefeuille de dividendes en euros, sans risque de change ni retenue à la source pour les titres français. Réservez le compte-titres à ce que le PEA ne peut pas accueillir : actions américaines, foncières étrangères, valeurs suisses.
Un dernier point mérite d'être souligné : ouvrez un PEA même si vous ne comptez pas l'alimenter. L'antériorité fiscale court à partir du premier versement, fût-il de dix euros. Cinq ans plus tard, vous disposerez d'une enveloppe mature au moment précis où votre capacité d'épargne, elle, aura augmenté. C'est probablement l'action la plus rentable par minute passée de toute la gestion patrimoniale française.
Questions fréquentes
Le PEA est-il toujours plus avantageux que le compte-titres ?
Non, pas systématiquement. Sur un horizon inférieur à cinq ans, le gain du PEA est taxé à 30 %, exactement comme un compte-titres, et l'avantage se limite au report d'imposition des dividendes. Si votre tranche marginale est nulle, le compte-titres au barème supporte 17,2 % sur les dividendes et les plus-values, soit le même taux qu'un PEA mature : l'écart devient alors très faible avant le cap des cinq ans.
Quel est le plafond de versements sur un PEA ?
150 000 € de versements pour un PEA classique, hors gains. Le plafond porte sur les sommes apportées, pas sur la valeur du plan : un PEA alimenté à hauteur de 150 000 € peut légitimement en valoir 400 000 €. Un PEA-PME permet de verser 75 000 € supplémentaires, la somme des deux enveloppes étant plafonnée à 225 000 €. Ce simulateur bascule automatiquement les versements excédentaires sur un compte-titres.
Quelles actions peut-on loger dans un PEA ?
Uniquement les titres de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen et soumises à l'impôt sur les sociétés. Les actions américaines, suisses, canadiennes et britanniques en sont exclues depuis le Brexit. Certains ETF à réplication synthétique permettent toutefois de s'exposer indirectement aux indices mondiaux tout en restant éligibles.
Que se passe-t-il si je retire de l’argent avant cinq ans ?
Le gain est imposé à 30 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, et le retrait entraîne en principe la clôture du plan, sauf cas particuliers comme le licenciement, l'invalidité ou la mise à la retraite anticipée. Après cinq ans, les retraits sont libres, n'entraînent plus la clôture et le gain ne supporte que les 17,2 % de prélèvements sociaux.
Faut-il ouvrir un PEA même sans vouloir l’alimenter tout de suite ?
Oui, et c'est le conseil le plus rentable de cette page. L'antériorité fiscale court à compter du premier versement, même symbolique. Ouvrir un plan avec quelques dizaines d'euros déclenche le compteur des cinq ans sans engager à quoi que ce soit. Cinq ans plus tard, vous disposez d'une enveloppe déjà mature au moment où votre capacité d'épargne, elle, aura augmenté.
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